Il m’est assez difficile de parler de mon travail de
peinture. Je ne peux qu’évoquer ce qui l’a provoqué.
A Ouessant, il y a longtemps, j’avais été frappée par les petits murs de pierres qui quadrillent la campagne. J’ai retrouvé ça
en Irlande. Ce sont des constructions artificielles et stables, qui par leur
répétition rythment le paysage. Au dessus, les nuages, naturels
et mouvants, rythment le ciel. Ce sont ces rythmes, cette opposition et cette
harmonie qui m’ont inspirée au départ.
Ils me conduisent encore maintenant. L’émotion éprouvée
lors des premiers tableaux est demeurée intacte, fraîche et limpide.
Depuis, j’ai découvert d’autres maisons, et puis la mer, que j’avais eu trop peur d’aborder, mais à tort. Tout cela m’a incitée à travailler davantage. Plus j’observe et plus je peins, plus j’ai l’impression que ces rythmes sont en moi, et qu’ils agissent quand je recompose, je reconstruis ou réinvente avec bonheur les paysages.
Josée LE ROUX