Car c’est bien de fraîcheur dont il s’agit !
A l’heure où l’art contemporain revendique le vide, exclut
le sens, le sensible et le métier, il faut une singulière dose
d’innocence pour peindre des “petites maisons”. Et de plus,
nous sommes loin de cette industrie côtière vomissant sans cesse
les mêmes flots de chaumières et de petits bateaux.
On est donc en présence d’un cas.
Josée Le Roux nous propose une peinture figurative, simple et dépouillée,
mais au fort pouvoir d’évocation poétique. Lorsqu’elle
se frotte à la turbulence d’Ouessant, elle se concentre sur le
rapport subtil entre ciel mouvant et terre enserrée dans un réseau
de murets. L’impression d’instabilité est délibérée,
mais sans jamais brouiller le regard. De ses maisons apparemment vacillantes
se dégage une atmosphère de sérénité en
dépit de l’attente des prochains vents.
A partir de petits papiers crayonnés sur le motif, toute emplie d’un
grand pouvoir d’égarement, elle recompose le sujet selon son état
d’âme.
Sa technique si particulière est très maîtrisée.
La boite à couleurs est restreinte mais avec une profusion de nuances.
La transparence n’est jamais altérée. La sauvagerie des
lieux s’exprime par la délicatesse de la touche.
Minutie du travail, finition irréprochable, ces petits formats sont
présentés dans un écrin de couleur peint à même
le bois du tableau. Le public ne s’y est pas trompé, il apprécie
cet art tranquille et joyeux qui illumine son environnement.
Nous reviendrons toujours à la fraîcheur !
Christian BELLUARD, juin 1999.